A PROPOS

 Je suis nomade...

Je voyage entre univers intérieur et extérieur.

Assignée à résidences éphémères, je parcours des territoires d'abord vierges, anonymes, immaculés.

Face à l'itinéraire imposé, je dévie des grands axes, prends des chemins de traverse au hasard du courant.

 

Soudain, les repères se brouillent. L'espace se resserre, confus, désordonné, sans perspective, sans relief !

Je rebrousse chemin. Le corps atteint ses limites propres, s'essouffle, halète, se vide...

A force de tâtonnements, le territoire se marque, prend forme, s'oriente.

L'aventure se matérialise par strates, par couches et par grands points de repère.

 

A grandes respirations, j'arpente l'espace, hostile puis familier.

S'orienter, se perdre pour se trouver de nouveau :

je formule des paysages inconnus.

J'abandonne le chemin pour de nouvelles explorations.

 

expression libre & energie

Ma peinture est peinture pure, affranchie  du seul contenu verbal. Si elle peut paraître informelle et déconstruite, elle n’en possède pas moins ses propres règles. Sans improvisation, ni expression gestuelle, elle n’existerait pas. Chaque toile se trouve dans l’action, à l’exclusion de tout modèle, sans idée préalable. Le geste défie la toile blanche, les strates graphiques et chromatiques se superposent, trouvant petit à petit leur propre logique. Où les donnes diffèrent à chaque fois, où les règles sont constamment à réinventer... 
Mes toiles sassimilent ainsi à des palimpsestes, à la fois supports de laction et instruments mnémoniques de lexpérience picturale. Elles matérialisent lacte de peindre par enregistrements successifs des états du processus, hésitations et repentirs inclus. Ma peinture manifeste spontanément une énergie liée aux sens. La toile est matérialisation de sensations a priori, plutôt quaboutissement dun projet réfléchi. Elle témoigne d’un dialogue sincère, dynamique, entre le peintre et sa toile blanche. 

frontière & entre-deux

Ma peinture fleurte avec les frontières. Elle explore des entre-deux. Elle fait émerger des figures progressivement. Celles-ci, partiellement définies, fugitives, articulées à des plans chromatiques,  formulent des espaces plastiques éphémères. 
De même, la lettre écorchée fait office de signe graphique à compléter en forme et en sens. Le mot est espace graphique à saisir et champ linguistique à investir. Il interpelle et stimule la polysémie. Entre figuration et abstraction, entre lettres et signes plastiques, les toiles se passent de toute appréciation rationnelle. L’évanescence succède au culte formel.

oeuvre ouverte & communication

Ma peinture n’existe pas sans le spectateur ! Son regard contemplatif décrit des parcours sensibles et signifiants, révocables à chaque instant. Inachevés, imprévisibles et plurivoques,  des espaces plastiques succèdent à la toile et se déclinent au gré des perceptions. Ils rappellent l’oeuvre ouverte définie par Umberto Ecco. Car, dans sa matérialité, l’oeuvre se veut stimulus visuel réel à compléter, jouant avec le hasard et capable d’accueillir multitude de significations virtuelles. Les toiles parient sur la rencontre avec le spectateur et c'est à travers son regard qu'elles prennent vie. A condition d'être partie prenante, le spectateur devient "spect-acteur".